Représentativité nationale dans le gouvernement central : Une donne de réunification ou de division

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Publié le lundi 12 avril 2021, après deux mois d’attente , le Gouvernement Sama Lukonde , composé de 4 vice-premiers ministres , 9 ministres d’État , 31 ministres , 1 ministre délégué  et 11 vice-ministres , font l’objet des critiques très acerbes dans certaines officines politiques suite à la non représentativité de certaines provinces au sein de l’exécutif central , ce qui énerve l’alinéa 2 de l’article 90 de la constitution de notre pays, qui dispose que « la composition du gouvernement tient compte de la représentativité     nationale».

Des informations qui doivent encore être confirmées font état de l’absence des personnalités originaires du Nord Ubangi, Mai Ndombe, Kinshasa et Haut-Uélé dans le Gouvernement Central alors que les provinces de Sud Kivu, Kongo Central, Kasai –Oriental, Kwilu et Nord-Kivu tirent la part du lion avec respectivement 7, 6, 6, 5, et 5 postes chacune.

Vrai ou faux que cela importe peu pour plusieurs raisons développées ci-bas ; cependant la problématique que pose cette disposition constitutionnelle est sa mise en application. Comment respecter cette disposition sans froisser le fonctionnement des formations politiques et donc de la démocratie dont la nôtre se veut représentative et libérale.

En effet, dans la compétition électorale démocratique, ce ne sont pas les provinces ou les tribus qui concourent pour gagner des sièges, mais plutôt les partis ou les formations politiques ou encore les regroupements politiques et plateformes électorales. Il est dès lors logique et vraiment démocratique qu’après élection, la moisson soit partagée entre les vainqueurs, c’est-à-dire que les postes ministériels soient repartis entre les formations politiques constituant la majorité au pouvoir. Et comme chaque formation politique fonctionne en principe tel un gouvernement central avec des responsables départementaux préparés et sensés occuper des postes ministériels en cas de participation du parti au gouvernement du pays, la représentativité nationale s’avère difficile à respecter car chaque parti politique possède déjà ses experts recrutés selon ses propres critères pour chaque secteur d’activités publiques.

Au niveau du gouvernement central, les postes ministériels sont attribués aux partis ou regroupements politiques, lesquels sélectionnent des animateurs à leur manière sans tenir compte de ce qui se fait  ailleurs. D’autant plus qu’il n’y a pas concertation dans cette matière entre partis politiques. Il s’avère dans ces conditions difficiles de respecter la représentativité nationale, sans prendre le risque d’exercer une dictature sur les partis politiques et surement affaiblir l’équipe gouvernementale.

Prenons pour illustrer notre propos , l’exemple d’un parti politique dénommé AGB ( Association des Gens qui vivent Bien) qui s’est vu attribuer le ministère des congolais de la diaspora et à qui le chef de l’exécutif recommande de proposer un candidat de la province de Kinshasa, mais qui malheureusement ne possède que des experts originaires de l’Équateur va-t-on dans ce cas sacrifier la compétence , l’expertise et la méritocratie au profit de la géopolitique et de la représentativité nationale ?

Et pourtant, l’Exécutif central tout comme ses animateurs travaillent pour l’intérêt du pays. Chaque ministre est responsable de la politique gouvernementale dans son secteur d’activité, il n’est pas le représentant de sa province au gouvernement central et n’est donc pas là pour veiller sur les intérêts de sa province ou de sa tribu pour qu’il soit indispensable que chaque entité provinciale soit représentée.

Dans la démocratie libérale représentative, c’est au niveau du parlement que les provinces sont représentées même si en RDC, ce sont les sénateurs qui représentent leurs provinces au terme de l’article 104 alors qu’au regard de l’article 101 de la constitution, le député national représente la nation. Tous deux ont un mandat national et non impératif.

Au regard de tout ce qui précède, nous pensons qu’il y a lieu que la disposition relative à la représentativité nationale dans le gouvernement central fasse objet des débats et d’études approfondies quant à son appréciations.

 

Le Hautpanel

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